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... ou acides ! Et autres témoignages

Lors de la réalisation du Mégaphone n°24, nous avons lancé un appel à contributions (sous forme de textes et dessins...) exprimant ressentis, vécus et émotions divers et variés... Merci à celles et ceux qui y ont répondu présent ! Nous souhaitons leur rendre hommage ici en présentant leurs lettres et images...


Ben.Bert - I love BF


Dessin de Ben.Bert (cf. son book pro et son blog)



Un trésor enfoui

Le journal des Barbarins Fourchus.
Un atelier d’écriture.
Le mardi soir.
Une Europe en feu.
L’Afrique : le nouvel Eldorado.
Des personnages divers.
Mon héroïne : Jan Van Lug.
Son épopée à travers l’Europe.
Son attente à Gibraltar.
Sa traversée.
Sa nouvelle vie à Bamako, Mali, continent africain.
Et puis fin, et puis rien.
Des personnages qui s’envolent comme des oiseaux migrateurs.
Qui s’envolent pour une mise en scène future, un théâtre au 145 cours Berriat, Grenoble, France, continent européen. Fin.
On n’a rien vendu.
On a beaucoup parlé.
On a écrit cette histoire, ce melting pot de personnages désœuvrés, épris d’absolu, les derniers révolutionnaires.
On a créé ces personnages, on les a fait vivre dans la tourmente.
Comme une annonce des temps futurs.
Comme un écho de nos vies.
Comme un mirage.
Un trésor enfoui.

Simon
(Texte issu d’un atelier d’écriture)


D’INOUBLIABLES MOMENTS AVEC LES BARBARINS FOURCHUS

LA PREMIATA ORCHESTRA DI BALLO
On s’y pointe comme on embarque pour une croisière avec ses bagages et l’envie de prendre le large, on prend son billet et voilà !
(Vous, saltimbanques vous êtes très forts, je pense que votre fil conducteur est peut-être l’amour de l’humain)
La musique, nonchalamment, s’installe avec des personnages sortis des films d’avant.
Rosella de sa voix suave, commente, pose le cadre et c’est parti !
La danse, le droit légitime d’être ce qu’on veut,
De jouer un rôle ou pas,
Chacun devient acteur, pose son masque pour en prendre un autre et fait ce que bon lui semble.
Ça tchatche, ça guinche, ça rigole, ça chante.
Tout est porté par un décor, des facéties, et le vieux style.
Ce voyage est hors du temps, tout se prend, se donne, et ce cocktail étrange de danse, bonne musique, airs connus que l’on fredonne, est stimulant.
Chacun dans son délire, est chaleureusement content d’être ensemble avec les autres !
Pendant cette croisière il souffle un vrai vent de liberté.
La fin de soirée arrive.
Le dernier slow est annoncé, la musique s’éteint.
Par grappe on parle encore (amerrissage en douceur).
On s’accompagne jusqu’au dehors pour savourer encore ce rêve éveillé.
Et puis... la rue ... la vie...

Merci les Barbarins !
En cette époque si rude, si jaugée, contrôlée, formatée…
Ces embarquements immédiats sont précieux.

Puissent-ils exister, encore, encore…

Caroline



Pour une révolution musicale, fraternelle, sans frontière avec les Barbarins Fourchus, dont les langues ne fourchent jamais et font barrage aux barbares oligarches qui nous dé/goût/vernent.

Eliane P.













































Dessin de Nuvish, Voodoodisco 2



Théâtre est un mot magnifique, 145 fut pour nous de Lo’Jo une algèbre utopique, une escale avec de beaux humains à bord, un coup de théâtre dans notre existence.
Nous vivions sur les routes de la brousse aux capitales et cette porte ouverte à notre fantaisie, cette adresse poétique avec ses maladresses, ses coups de cœur, grandissait notre énigme ; on la colportait plus loin comme un précieux lexique d’amour et de revers aux yeux de ceux qui s’émerveillent.
Si aujourd’hui dérobe nos plus belles latitudes nous écrirons encore des chansons tenaces, des hymnes pudiques, des berceuses pour d’autres enfants d’errance.

Denis Péan



Oh, oui, le bal, le bal, le bal des Barbarins, ça c’est quelque chose d’inoubliable. "La premiata orchestra del ballo". Tous publics confondus dans les pas hésitants ou assurés, les regards brillants, les sourires complices et la chaleur, l’humaine chaleur des artistes qui propagent avec générosité ces ondes de vie bienfaisantes.
Comme nous étions loins, mes enfants et moi, des fesses vissées sur les sièges des grandes salles de spectacle et comme celà faisait du bien que celà se passe aussi dans une salle de spectacle. Tout à coup, elle semblait grande ouverte, accueillante, sans siège réservé pour les Huiles et les journalistes.
Le 145 avec les Barbarins, ce fut le bal et ce grand supplément d’humanité des artistes qui n’ont pas oublié que le public qui entre dans la salle est d’abord passé par la rue.
Merci.

Sophie B.



Crayon




















Crayon, Dessin de Crusty Poulet




Something about 145 and barbarins from me

J’ai durement travaillé pendant deux longues années au Théâtre 145 avec l’équipe des Barbarins Fourchus.
Plus sincèrement, j’y ai vécu une drôle d’expérience, d’une drôle d’intensité. ... J’ai cotoyé des animaux étranges et attachants.
... Une fois, j’ai entendu une otarie chanter sur la scène !
... D’autres fois, pendant les permanences du théâtre, j’ai sursauté de tout mon corps parce que subitement un ours qui fumait a bondi de la cave en jouant du rock and roll.
... Un lundi matin, j’ai même croisé un travesti habillé en ouvreuse qui m’a dit « bonjour mademoiselle ! »
... Et plus d’une fois, j’ai pris un fou rire parce qu’un gorille voulait me faire peur juste pour se marrer.
Bref...
J’ai trouvé dans cet antre et parmi ses autochtones, un espace correspondant à ma fantaisie, à mon petit grain de folie et à mon besoin d’être un peu plus libre, un peu plus moi même.
Artiste ou pas, c’est ce qu’il me semble falloir chercher.
Et toute sa vie sûrement !
Cela est stimulant et créatif toujours créatif
Y’en a qui ont besoin de jouer de la musique, au théâtre, danser, dessiner, se transformer…
Aussi de le partager devant des gens, et s’il sont plusieurs c’est encore mieux... Et même ils trouvent ça tellement jouissif et vital qu’il veulent que ces même gens à leur tour dansent, chantent, écrivent, se déguisent...
Qu’ils se rendent compte à quel point c’est bon, enivrant et nécessaire pour bien vivre, mieux vivre ou vivre plus je sais pas trop encore...
En tout cas c’est tout ça que m’inspire le Théâtre 145 et toute son équipe. C’est tout ça qu’il font depuis longtemps et qu’ils essaient de faire au mieux et je souhaite que leur route continue et qu’il y ait une autre porte ou frapper sur laquelle il serait aussi marqué ces mots qui tuent tout « entrée des artistes » et je souhaite aussi d’autres merveilles sur la route ! (y’a déjà Alice !)
Durant ces deux ans j’ai aussi crée avec une amie mon spectacle c’est ici et nulle part ailleurs qu’il a été possible de travailler somnambule, la journée et de revenir clownesse peinte en blanc, le soir pour prononcer les mots que j’avais besoin de répéter et j’ai trouvé le soutien et les coups de mains nécessaires à ce moment là.
Maintenant, je continue, ailleurs, toujours à la recherche d’aventures, de théâtres, de belles histoires mais je refais souvent un saut pour saluer cette sacrée équipe !
Take care barbarins !

Marlène























Dessin de Ben.Bert
réalisé lors d’un de nos rendez-vous "Musique (en robe) de chambre
(cf. son book pro et son blog)



Dans la circulation des savoirs et des pratiques artistiques, le terme qui prend toute son importance au fil du temps est celui de circulation. Pas plus que nous serions intelligents dans l’isolement, c’est toujours dans la confrontation et l’échange que nos idées deviennent réalité et nos vies communauté. Autant dire que nous sommes les produits de nos productions et que c’est du futur que nous tirons notre légitimité.

L’ensemble des projets réalisés avec les Barbarins Fourchus au Théâtre 145 nous montre l’implication collective des équipes artistiques – nous pensons au splendide oratorio de Roberto Zucco – mais aussi l’élargissement par leur implantation dans les quartiers, faisant d’un lieu le carrefour de l’humanité.

Encore un mot, merci.

Compagnie Les Inachevés



Pour avoir mis la communauté au centre de nos activités et fait de chacun d’entre nous un carrefour au LIEU d’une borne, nous comprenons mieux ce qu’est le collectif artistique : un montage singulier à plusieurs, un lieu d’échange où l’autre n’est plus un accident de parcours mais bien un élément constitutif de soi. L’unité de l’homme ne se trouve nulle part ailleurs que dans cette confrontation de soi à soi en passant par l’autre.

Jacques Prunair




Frisson indélébile.

Ah ! le frisson, j’en ai la fièvre, le thermomètre du public des Barbarins c’est mon frangin, que des gueules de zoulous. Pour ma pomme, le théâtre c’est le jardin, l’être si branché en prairie où le chien sans contrariété pisse dessus pour faire pousser ses racines. Les Barbarins c’est du vaccin AA à condition de n’avoir aucune allergie pubienne et d’être fertile d’y croire ! Eh ! Oui j’ai pris fantasme auprès de ses cons, c’est humain, c’est malin, c’est festif. Mais des frissons j’en ai chaque jour, la peur assaille le monde avec la cillasse. Nous sommes pris pour des arbustes et feuillages afin de nous entretuer et de faire avancer médecine pour percevoir l’illusion du soldat inconnu ou de sa pute attitrée. Au 145 j’ai eu la chair de poule lors d’une pièce sur le libertinage d’Aragon entre une contrebasse, une voix, une vidéo, je suis sorti de mes boyaux avec la justesse du plaisir et de mes larmes de semences. J’ai eu des frissons car les Barbarins me disent bonjour, c’est bête et méchant de nos jours, ils sont cons et toujours à jour, histoire de civilité, histoire de cultiver le jardin de la cour avec l’infernale poursuite de la vie. J’ai pris plaisir à nettoyer leurs carrés de loge, à ramasser l’épluchure de banane, plaisir en tant que photographe et poète à prendre regards contradictoires qui me croisaient ou ignoraient. J’avais rien à foutre de cette image bien française à faire pâlir les métiers les plus bas que chacun couvre d’insulte et mépris. Mais je me suis aperçu que le chœur des Barbarins mettait sur planches toutes ces petites gens en les faisant grandir en scène théâtrale et dans tout cela quel fracas de prendre conscience que l’un ou l’autre sont si proches d’une réalité commune liée à la révolution de nos pensées. Je me souviens d’un metteur en scène en résidence me dire : « vous êtes d’une aristocratie et discrétion à nous servir avec une civilité hors talent. » C’est jubilatoire et si agréable de jouer le rôle d’un valet ou d’un laquais de se voir dans la peau rétro d’un Max Hugo par exemple ou encore d’un Augustin Théodore !

FERBERERIC08/02/11


Ben moi, j’étais venu vous voir, pour vous parler de mon projet, essayer de pouvoir éventuellement jouer mon spectacle au 14 ; un "conte musical" en chanson, qui m’avait demandé plusieurs années de travail, qui était tout monté, au point et tout. Et personne n’avait été capable de m’accorder le moindre début d’attention, j’avais trouvé ça un peu scandaleux ! Alors honnêtement, j’hésite à signer...

Lionel
(Une réaction suite à l’appel à signature de la pétition de soutien à notre projet)



Bonjour à tous,
Je tiens à vous témoigner mon soutien et mon estime pour ce que vous êtes et pour le travail accompli depuis toutes ces années au Théâtre 145, dans le quartier et ailleurs.
Je voulais vous dire que si la vie a parfois/souvent un air labyrinthique, comme le Minotaure suivez votre fil, restez instinctifs et sauvages et gardez dans les yeux les étoiles.
Et pour illustrer mon propos et vous remercier je vous envoie un peu de mon travail, quelques images de mes gravures.
Chaleureux baisers de "la plus belle fille du quartier" dixit J.C. Brumaud mais permettez-moi d’avoir des doutes sur son objectivité, ou bien il a regardé vite fait, ou il a regardé ailleurs ou vu autre chose et puis il doit dire ça à toutes non ?

Marilyne Mangione
































Gravure de Marilyne Mangione




Les Barbarins nous redonnent le sourire.
Sur scène, comme par les activités qu’ils proposent.

Grâce à la Bricofanfare,
j’ai pu découvrir que je pouvais faire partie d’un groupe,
jouer vraiment de la musique avec d’autres, en public, et avec plaisir... je n’aurais même pas oser en rêver.

Les Barbarins, en fait, ils sont un peu comme des fabricants de rêves concrétisés...

Et le cinéma de quartier, avec des choix drôles, ou surprenants...
Une évidence ? Comme celle de faire des bals de quartier ?

Et ben tout cas eux, ils le font, et ils le font bien.

C’est ça aussi les Barbarins,
des surprises, la fête, du comique,
des rapports chaleureux avec leur public,
qu’ils aiment vraiment,
et qu’ils accueillent de façon hyper sympathique.

Avec eux on voyage dans le rockn’roll
et dans le cirque baroque en même temps.

L’esprit des Barbarins colle parfaitement
avec celui de l’espace du 145.

Au 145, avec eux, on change d’époque(s),
on retrouve de la chaleur, de l’humain,
ça fait du bien, on en a vraiment besoin.

Les Barbarins ont des choix artistiques variés,
tout en restant heureusement,
attachés à la liberté de l’artiste.

Les Barbarins travaillent beaucoup, travaillent bien, et méritent vraiment toute l’attention de la mairie
.
Un travail d’une telle qualité, aussi ouvert et créatif, dans la durée, envers et avec les habitants, c’est extrèmement rare.
Et c’est précieux.

Le théâtre 145, à force d’y aller, et d’y retourner pour x raisons,
est devenu pour moi un lieu... comment dirais-je... d’appartenance ? De rattachement ?
C’est important.
C’est très important, qu’actuellement, il existe des lieux comme ça.

J’espère notamment que le 145 ne va pas devenir une racine trop carrée de MC2 (avec tout mon respect), ni de quoique ce soit d’autre.

Et, très fort,

Viva li Barbarini !

Martina

Appel-toi





























Appel-toi, Dessin de Crusty Poulet





Bonjour tout le monde,

Je pourrais parler de la qualité artistique du collectif des Barbarins, ou des groupes qu’ils reçoivent. Je pourrais aussi rappeler les actions de proximité menées ou facilitées par l’équipe en place depuis plusieurs années. A part quelques mal embouchés (peut être mal intentionnés ?!) personne sur la place de Grenoble, et bien au-delà, ne leur conteste cette qualité et ce bilan. Ce n’est donc pas de cela dont je voudrais rendre compte ici. Non ! Je voudrais beaucoup plus simplement faire part de l’expérience, qui fut la mienne, avec cette équipe de joyeux lurons et témoigner, modestement de l’intérêt qu’il y a, à ce qu’une telle structure continue d’exister.

J’ai consacré une part importante de ma vie artistique dans ce qu’il est convenu d’appeler l’action culturelle de proximité, ou, terme que je préfère et qui sera toujours cher à mon cœur, l’éducation populaire. Mes lieux d’interventions privilégiés furent le V.O, la Villeneuve, et les structures d’accueil, les ZEP et autres SEGPA…

Avec le Planning Familial, en 2006, j’ai mené, au collège Ampère, (désormais Aimé Césaire) une action théâtrale autour du thème de l’égalité homme-femme et de la violence. Ce travail a conduit à la production d’un spectacle écrit, à la base, par les élèves eux-mêmes, encadrés de leurs enseignant(e)s. Afin de valoriser le travail considérable et l’investissement important des élèves et de l’équipe pédagogique, j’ai souhaité que ce travail soit présenté dans un « VRAI » théâtre, et dans des conditions techniques optimales. Je me suis adressé aux Barbarins Fourchus, au 145, qui non seulement m’ont donné leur accord, mais se sont véritablement inscrits dans la démarche pédagogique entreprise en organisant des visites du lieu, pour les élèves, afin de leur faire connaître « l’envers du décors » : techniques, administration…

Nous avons donc été excellemment reçus, et bien au-delà d’un service rendu minimum, ce qui, je dois bien le dire, eût été le cas dans nombre d’autres structures, à supposer qu’elles aient données suite à ma requête, ce dont je ne suis pas du tout convaincu. Il me semble que cette « plasticité » du 145, sa capacité à répondre rapidement et efficacement, toujours professionnellement à des problème réels, ancrés dans la vie doivent être reconnue et partant pérennisé. L’éviction de l’équipe actuelle du 145 serait plus qu’une erreur, ce serait une faute.

Patrick
Comédien/ Metteur en scène
Militant social.

































Gravure de Marilyne Mangione


LES BARBARINS FOURCHUS CA MET DES PAILLETTES DANS LES YEUX DES VIEUX
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST UNE JUPE QUI VOLE SUR UN TRAPEZE
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST UN CHEVAL QUI GALOPE EN HURLANT ET QUE RIEN N’ARRETTE
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST DANSER SOUS LA LUNE ,DANS LES PORTS OU DANS LES PRÉS
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST LE GOUT DU POP CORN DANS UN DRIVE-IN DES FIFTIES
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST ECOUTER LE TIGRE QUI SOMMEILLE ET VEILLE A L’INTERIEUR DE MOI
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST NOVECENTO SUR SON BATEAU
LES BARBARINS FOURCHUS CA DONNE ENVIE DE METTRE DES TALONS
AIGUILLES ET DU ROUGE A LEVRES
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST CHEVAUCHER LE VENT
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST PARTAGER LE DÉLICIEUX D’UN VERRE DE VIN AVEC UN AMI DU PASSÉ
LES BARBARINS FOURCHUS CA DONNE ENVIE DE CASSER LA VAISSELLE EN RIANT
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST LES MURS D’UN THÉATRE SUANT LA BEAUTÉ DE SON AME
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST BON COMME LA CIGARETTE APRES L’AMOUR
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST STRAVINSKY ENNIVRÉ DANS LE SACRE D’UN SOIR D’ÉTÉ
LES BARBARINS FOURCHUS C’EST LA PAROLE QUI DANSE, HISSÉE SUR DES DRAPEAUX BLANCS,
TENUS A BOUT PORTANT,PAR UNE FOULE DE MANIFESTANTS
LES BARBARINS FOURCHUS ,CA DONNE ENVIE DE VOIRE LE JOUR SE LEVER POUR Y TREMPER DES CROISSANTS CHAUDS ! !

MESSIEURS BARBARINS ET MESDAMES FOURCHUES,
I LOVE YOU TENDER,
I LOVE YOU TRUE,

KISSES ON YOUR TITS ..

Lorette





















Gravure de Marilyne Mangione



Des émotions au Théâtre 145, j’en ai eu beaucoup, et je ne vais pas me lancer dans une liste exhaustive de souvenirs à la Perec, ou un inventaire à la Prévert !
Il y a bien sûr les nombreux spectacles des Barbarins Fourchus, du Johnny Staccato Band, et les bals torrides de la Premiata Orchestra di Ballo. Il y a également les concerts sur lesquels j’ai travaillé : le « Children’s of Paradise » et les concerts-cabarets de Delfino-Lloret, entre autres.

Mais en temps que public, je garde un souvenir précieux de quelques concerts précis. Ceux d’artistes « de passage », connus (voire mondialement connus ! ) et qui se sont arrêtés un soir au 145, au hasard d’une opportunité, ou d’un créneau libre dans une tournée. Je pense en particulier à Gianmaria Testa, Pura Fé et Bob Brozmann. Il faut être une équipe aux aguets, pour savoir provoquer, un peu au dernier moment, ces instants inoubliables.

Gianmaria Testa, le 1er mai 2002.....c’était une semaine après le 21 avril et le matin même, des milliers de gens étaient dans la rue pour exprimer leur consternation.

Pura Fé, un dimanche soir... quel programmateur « professionnel de la profession » organiserait un concert un dimanche soir, et pourtant la salle était pleine et subjuguée.

Bob Brozmann, avec le public sur scène, pour mieux s’imprégner de l’énergie incroyable du bonhomme.

Voilà, ces quelques instants mémorables, entre beaucoup d’autres, m’ont personnellement marqué, et je suis convaincu que peu d’équipes, comme l’ont réussi les Barbarins Fourchus, auraient su les provoquer.

Thierry Ronget






















Dessin de Ben.Bert
réalisé lors d’un de nos rendez-vous "Musique (en robe) de chambre
(cf. son book pro et son blog)



We, people of St Bruno, LOOVE The Barbarins Fourchus. GARDAREN NOS Barbarins Fourchus !

Anonyme



Je n’avais pas vingt ans. Mes rêves en poches, je prenais des chemins qui s’ouvraient comme des livres. Ces bandits-là me sont tombés dessus de toute leur ombre bienveillante. Ils avaient la classe, des favoris soigneusement taillés sur les tempes, des chapeaux de mafieux, des tatouages déjà bleus, des chemises de gitans ouvertes sur leurs torses bombés.

Le rock’n roll leur avait appris à marcher depuis belle lurette. Ils sentaient la gomina, la sueur du concert de la veille, la sciure d’un vieux cirque imaginaire, la liberté et l’alcool frelaté. Ils avaient tant de choses à faire, tant de valises à ouvrir, tant de paroles à écrire et de notes à bazarder. Ils avaient tant d’amis prêts à les suivre sur les sentiers sauvages, tant d’amour pour les lendemains qui chantent, tant de rires au fond du gosier.

Ils avaient le gout des belles choses, la passion du genre humain, l’ambition déjà lucide, la poésie bouillante sous la peau. Leurs chevaux puaient le gazoil, leurs chaussures laissaient des traces dans la poussière des âmes. Ils chantaient comme des coyotes, draguaient comme des hidalgos, dormaient peu, fumaient beaucoup ; le vent les poussaient vers l’avant, vers l’arrière, de tous côtés. Puis j’avais trente-quatre ans, des souvenirs pleins les poches, les chemins s’ouvraient toujours devant moi, et eux avaient toujours la classe. Les tempes grisonnantes, leurs chemises de manouches ouvertes sur leurs ventres repus de fiestas, quelques soleils de rides au coin des yeux, lueur intacte…

Drôles de choses que ces lascars-là… De celles que la patine du temps et les coups durs rendent plus belles. Comme des vieux cuivres perdant peu à peu de leur brillance pour se voiler de charme. Année après année, nos chemins croisés tressaient les brins d’une amitié solide comme un cordage de chapiteau. Ils m’avaient vue pousser, je les voyais mûrir. Affiner leur son, peaufiner leur style, faire des choix. Suivre les mouvances, la gniac en bandoulière sur leurs costumes ringards ; surfant sur la vague, entassés dans une coque de noix avec toute leur quincaille et leurs textes embrasés ; un œil sur l’horizon, l’autre sur l’origine, fidèles à demain comme à hier, toujours présents.

Le bercail prit un jour la forme d’un théâtre, ouvert sur le Monde. Celui des chemins parcourus, pour aller prendre un café à Alger, une claque dans le cœur d’une femme, ou un coup de pied au cul qui fait retrouver le nord. Celui du palier d’en face qui attend qu’on frappe à sa porte, celui qui rend curieux et invite au voyage en traversant la rue. Celui qui trempe ses mains dans l’encre du vivant pour laisser ses empreintes au passage des frontières. Celui qui ouvre ses bras à l’inconnu comme au reconnu. Celui qui mitonne un bon plat dans la loge pendant qu’on s’évertue sur scène à décrire sa complexité… Un théâtre à échelle humaine, qui sentait le graillon et la clope, le passage et la rencontre, l’échange, les coups de gueule, la cogite et la fin de cuite. Un beau parquet noir en bois, rayé par les décors, talonné de pas de danses, piétiné de pensées, jonché de paroles, imprégné de convictions. Un espace sombre où rayonner, un toit pour tenir au chaud les envies, poser ses frusques entre deux tournées ; et puis répéter, jouer, organiser, comptabiliser, contacter, réfléchir, projeter, donner du sens, de la cohérence, accueillir, passer le balais, partager, faire confiance, créer du lien. Entre les artistes de passage et les gens du quartier, les jeunes et les anciens, les conquis et les réticents, les néophytes et les habitués, les chiens errants et les idées folles…

J’avais donc la trentaine, l’honneur de poser mes pieds sur ces planches, et la chance d’embrasser ces tempes grisonnantes, pour dire en un baiser tout ce que la rencontre a de bon, de sain, de vivant, de constructif. J’avais sur mon chemin ces drôles de lascars-là, qui avaient fait tant de trucs, ouvert tant de valises, écrit tant de mots et bazarder tant de notes. Ces humains-là, qui marchent la tête haute, riches de tout ce qui ne s’achète pas, poètes intemporels qui ne lâchent pas l’affaire, tant que créer fera briller des yeux, et que le monde tiendra dans le creux d’une pogne à serrer.

Momette – Les pilleurs d’épaves – septembre 2009





Animaux-transgénérique



















Animaux transgénériques, Dessin de Crusty Poulet





Merci de laisser un lieu d’accueil pour les Barbarins Fourchus dans le quartier St Bruno.
Merci de faire en sorte que l’âme donnée au Théâtre 145 par les Barbarins Fourchus puisse perdurer.
Dans cette crise sociale, on a besoin de gens comme les Barbarins, créatifs, drôles, généreux.

Anonyme






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Texte de Francesca
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Texte de Giss
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Textes de Gwenaëlle
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Lettre des Bas Côtés
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Centre_regional_ethn ographique_linguisti que_du_Piemont_et_ce ntre_culturel_popula ire_Folkclub_de_Turi n
PDF - 148.2 ko
CitéDanse
PDF - 143.7 ko
Lettre de La Petite Roulotte
PDF - 183.3 ko
Lettre du Pot au Noir
PDF - 139.3 ko
Les Arts du Récit en Isère
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Le Drak’Art
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Lettre du Point d’Eau
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Lettre de Tradsch Miousic

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Du 8 au 13 juin : La Semaine Extraordinaire des Barbarins Fourchus (cf. plus bas !) Le tout nouveau Mégaphone, journal et programme des Barbarins Fourchus et du Théâtre 145 pour les mois d’avril à juillet 2011, vient de paraître. C’est un (...)



Espace news 145


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